Affiche du film Monuments Men
Alors que la seconde guerre mondiale touche à sa fin, sept spécialistes en beaux-arts sont enrôlés dans l’armée afin de retrouver et de restituer les œuvres d’art volées en Europe par les nazis.
« Inspiré d’une histoire vraie » nous dit l’affiche. Comme si cela était un gage de qualité…
Si la sincérité du réalisateur George Clooney n’est pas à mettre en doute et si son sujet – plutôt original – ne manque pas d’intérêt, cette chasse aux trésors dans une Europe en guerre semble, comme les chefs-d’œuvre qu’elle recherche, dater d’un autre âge.
Le débarquement pépère de ces fameux spécialistes en Normandie – un mois après le véritable Jour J – ne manque pas d’humour mais il semble aussi avoir déteint sur la suite de leurs aventures, vraiment mollassonnes.
La complicité entre les comédiens est évidente, mais George Clooney ne sait pas en tirer parti et ne semble savoir que faire de son impressionnant casting. Sa mise en scène, qui se voudrait « à l’ancienne », s’avère aussi surannée que ses héros et cumule les habituels lieux communs sur la France dont Cate Blanchett est l’improbable représentante et Jean Dujardin la ridicule caution.
Le scénario, quant à lui, est constamment à côté de ses rangers. Très bavard, il ne lésine pas sur l’ellipse facile et ne parvient jamais à trouver le bon compromis entre drame (un peu factice) et humour (vraiment balourd). Autant dire que l’émotion a vite fait de déserter ce récit où les invraisemblances font plus de mal que les quelques scènes d’action et où l’on nous sert, encore une fois, le petit plan patriotique sur la bannière étoilée.
Cette accumulation de maladresses finit par enlever le peu de crédibilité de ce film qui se regarde avec la consternation gênée que l’on éprouve devant la toile ratée d’un faussaire malhabile.
Certes, la critique est aisée et l’art est difficile. Mais pour ce qui est des Monuments Men, une chose est quasiment certaine, ils ne finiront pas au panthéon des films de guerre.