Affiche du film Cheval de guerre
Les aventures d’un étalon anglais pris dans la tourmente de la première guerre mondiale.
Mais qu’est-il arrivé aux belles histoires de l’oncle Spielberg ?
Lui qui savait si bien nous divertir, en mêlant solides intrigues et rebondissements spectaculaires, semble, depuis quelques temps, se concentrer uniquement sur la manière de raconter une histoire ou d’intégrer de nouveaux effets spéciaux. Recherches louables si elles ne donnaient pas à chacun de ces derniers films une impression d’inachevée.
Après le retour décevant de son héros emblématique (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal) et l’adaptation d’une célèbre BD sur grand écran (Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) dont le rendu et le rythme ébouriffants avaient du mal à cacher un récit à bout de souffle, Cheval de guerre s’apparente encore à une gageure pour le cinéaste – celle de raconter une histoire du point de vue d’un cheval – plus qu’à un projet vraiment abouti.
Pour donner à son film un côté livre pour enfants, Spielberg choisit de l’enrober d’images d’Épinal faisant, au mieux, penser à John Ford (avec la profondeur de champ mais sans la profondeur de vue) ou, au pire, à la vision d’un jeune publicitaire adepte d’images léchées et standardisées. On a donc droit à la silhouette du cheval et de son maître se découpant, à l’horizon, sur fond de soleil couchant ou à la jolie « carte postale » de la campagne française avec sa ferme pittoresque et son pépé sympathique (Niels Arestrup à contre-emploi) qui entrepose, dans son cellier, conserves et confitures maison à quelques kilomètres des hostilités. (Mais que fait Jean-Pierre Pernaut ?).
Au milieu de ce salmigondis de clichés et de bons sentiments quelques scènes impressionnent, prouvant que Spielberg n’a pas perdu la main : comme cette charge sanglante au milieu des tranchées ou lors de la fraternisation de deux soldats ennemis, au cœur du no man’s land, le temps de délivrer l’étalon emmêlé dans des fils barbelés.
Toutefois, si le cinéaste a le bon goût de ne prendre parti pour aucun des belligérants et d’adopter le point de vue « neutre » du cheval, il est permis de trouver discutable sa mise en scène qui rend plus émouvant un canasson en train de labourer un champ que deux jeunes hommes se faisant fusiller.
Comme elle semble lointaine, l’époque où vous nous contiez avec conviction La couleur pourpre ou la façon de Sauver le soldat Ryan.

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