Will Rodman, un jeune scientifique, tente de mettre au point un sérum pour lutter contre la maladie d’Alzheimer dont est aussi atteint son père. Suite au décès accidentel d’une femelle chimpanzé soumise au traitement, Will recueille discrètement chez lui le bébé qu’elle venait de mettre au monde. César, le jeune singe, soumis au traitement in utéro, va vite montrer des capacités intellectuelles hors norme.
A l’inverse du ratage qu’était le récent remake de La planète des singes par Tim Burton, cette « préquelle » narrant l’origine de la domination des singes sur la terre est une vraie réussite. Même si l’on peut reprocher à la mise en scène de Rupert Wyatt de manquer de poésie et regretter qu’elle perde de vue la dimension politique du film de Franklin J. Schaffner, la fable écologique et médicale qui est développée dans ce blockbuster à l’ancienne est beaucoup plus crédible que l’idée du paradoxe temporel échafaudée dans Les évadés de la planète des singes. Le scénario privilégie donc avec bonheur l’aspect psychologique du récit et les relations entre les différents protagonistes plutôt que les scènes d’action. Conséquence logique de ce choix, les effets spéciaux se mettent au service de l’histoire plutôt que l’inverse, comme c’est malheureusement trop souvent le cas dans nombre de grosses productions récentes. Andy Serkis (le gollum et le King Kong de Peter Jackson, en attendant d’être le capitaine Haddock du Tintin de Spielberg) parvient une nouvelle fois à donner de l’épaisseur à son personnage numérique et son César semble plus vrai que nature. Car c’est bien là l’une des autres prouesses du film : montrer pour la première fois dans l’histoire de la franchise des singes qui ressemblent à de vrais singes et pas à des humains habilement grimés.
L’extinction annoncée de la race humaine et la disparition d’une expédition spatiale vers la planète Mars, évoquée en filigrane du récit, risquent fort d’être les moteurs scénaristiques d’une probable suite. En attendant, La planète des singes : les origines est assurément la meilleure superproduction de l’été 2011.

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