Omar m'a tuer - Affiche
1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa de Mougens. Elle laisse sur un mur une inscription écrite avec son sang : « Omar m’a tuer » qui accuse son jardinier. Omar est-il coupable ou victime d’une erreur judiciaire ?
Film entièrement à décharge, Omar m’a tuer prend fait et cause pour le jardinier mettant en lumière les incohérences, les failles ainsi que le parti pris supposé de l’appareil judiciaire à son encontre.
Caméra sur l’épaule, à la façon d’un documentaire, Roschdy Zem se situe volontairement à hauteur d’homme et suit en parallèle deux trajectoires.
Celle d’Omar Raddad, tout d’abord. Son inculpation, son jugement, ses conditions d’incarcération et sa lutte pour faire éclater son innocence sont filmés avec une vraie empathie que vient conforter la composition poignante de Sami Bouajila.
Celle de Pierre-Emmanuel Vaugrenard ensuite. Ecrivain ayant pris fait et cause pour le jardinier et dont on suit les investigations pour disculper Omar.
Loin d’être inutile ou annexe, l’apport de ce personnage permet de mettre en lumière et de « mettre en scène » les dysfonctionnements de l’enquête. Surtout, la prestation de Denis Podalydès – écrivain Rouletabille – offre au réalisateur la possibilité d’aérer un peu l’intrigue et de ne pas transformer Omar m’a tuer en simple chronique judiciaire ou en film de prison .
Il y a indéniablement un petit côté polar lorsque l’écrivain enquêteur passe sans autorisation le mur de la villa déserte pour s’imprégner des lieux du crime.
Et aussi un brin de comédie… Avec ses réparties piquantes et son air décalé – il faut le voir chevaucher sa mobylette en costume cravate, coiffé d’un casque rouge – Vaugrenard donne de l’air au sujet. Roschdy Zem en profite, au passage, pour mettre en opposition les deux hommes. Omar, d’origine modeste, n’a rien en commun avec Vaugrenard présenté comme un mondain qui, tout en prenant la défense du jardinier, sert aussi ses intérêts. Le réalisateur s’en amuse, d’ailleurs, dans une scène à l’Académie française où, le temps d’une photo, Omar Raddad vole la vedette à l’écrivain.
Tous ces partis pris, s’ils peuvent être critiquables, dénotent un véritable point de vue et un réel engagement de la part du réalisateur. Un exemple à suivre, en tous cas, au sein d’un cinéma français bien trop souvent consensuel et en dehors de toute réalité sociale. Pour cela et pour l’excellente interprétation du comédien principale, Omar m’a tuer vaut le détour.

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