Snow Cake
Alex, un anglais introverti et renfrogné, débarque en plein hiver au Canada.
Sur la route, il prend une jeune fille en stop qui rentre chez sa mère. Pendant quelques heures, ils vont apprendre à se connaitre et à s’apprécier jusqu’à ce qu’un camion les percute accidentellement et mette fin à leur joyeux périple.
Taraudé par la culpabilité, Alex décide de se rendre chez Linda, la mère de Vivienne, pour lui rapporter les affaires de sa fille unique. Il découvre alors que Linda est autiste…
Il est des films qui n’ont l’air de rien à la lecture de leur sujet mais dont la vision marque durablement l’esprit du spectateur.
Snow Cake en fait indéniablement partie !
Il est également rare qu’on aborde de front – et dans un même film – le thème du handicap (ici l’autisme) et celui du décès d’un être cher et cela sans jamais tomber dans le drame lacrymal ou pontifiant.
C’est pourtant le cas, ici !
Préférant aborder son récit par petites touches sensibles et drôles, Marc Evans décrit avec justesse la renaissance d’un homme qui se croyait perdu au monde au contact d’une femme vivant en marge de ce monde. Une femme qui ne le juge pas pour ses actes passés mais pour ce qu’il est vraiment : un homme bon, blessé par la vie.
C’est de la confrontation de ces deux solitudes que le film tire tout son sel et son mordant. A ce titre, la partie de Scrabble entre Alex et Linda est un grand moment de cinéma, humoristique et plein d’émotion.
Les acteurs, tous excellents, contribuent indéniablement à la réussite du film.
Sigourney Weaver impose avec finesse son personnage d’autiste bavarde et pourtant détachée des autres. Elle nous offre une composition tendre et cocasse sans jamais chercher l’effet facile, à l’opposée de ce que fut la prestation de Dustin Hoffman dans Rain Man.
Alan Rickman, quant à lui, confirme qu’il vaut beaucoup mieux que les seconds rôles ou les personnages de méchant auxquels on le cantonne trop souvent. Il est tout bonnement impayable avec ses airs pince-sans-rire et son visage passant de l’étonnement à l’exaspération devant les frasques de Linda. Profondément humain.
Quant à Carrie-Anne Moss, elle donne chair à un beau et singulier personnage de femme libre, à des années-lumière de son personnage de Trinity dans Matrix.
Peut-être pourra-t-on juste reprocher au réalisateur l’utilisation épisodique, mais peu judicieuse, de musiques à la mode finissant paradoxalement par dater le message intemporel du film.
Qu’importe…
C’est à regret que l’on quitte le petit monde de Linda. Mais le cœur léger et plein d’espoir grâce à un bel épilogue, aussi rafraîchissant qu’un gâteau glacé.

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