Animaux et Cie a de quoi laisser perplexe.
L’histoire (inspirée du livre pour enfants La conférence des animaux de Erich Kästner), même si elle regorge de bonnes intentions, ne parvient jamais à convaincre.
A l’image de l’animation où des personnages au graphisme pataud (ou avec un air de déjà vu : Horton, Madagascar…) se déplacent dans de magnifiques décors.
A l’image aussi du récit qui, s’il dénonce les ravages de l’homme sur la nature, ne donne pas vraiment espoir dans l’avenir aux jeunes spectateurs.
Hormis une petite fille, tous les humains sont :
Au pire : méchants et dangereux.
Au mieux : apathiques et indifférents aux catastrophes naturelles qu’ils déclenchent.
Si cette vision sinistre de l’humanité est loin d’être infondée, (le gag récurrent des multiples et inutiles « Conférences sur le réchauffement climatique » est plutôt bien vu) elle donne aux enfants une vision plutôt désespérante du genre humain qui peut s’avérer finalement plus nocive que réellement bénéfique.
Et ne comptez pas sur l’humour, ou sur un salutaire second degré façon Pixar, pour donner un peu de fraicheur à l’ensemble. Ici, on navigue entre blagues lourdes de cours d’école – avec un diable de Tasmanie péteur – et plaisanteries convenues qui feront poliment bailler les parents.
Bref, Animaux et Cie ne convainc personne et le doublage français achève de plomber le tout.
Dans le rôle de Billy, le chien de prairie, Elie Semoun nous refait le Sid de L’Age de glace (en moins bien, sans doute pour qu’on ne vienne pas lui dire qu’il se plagie ou bien parce qu’il n’est pas capable de se renouveler ?). Et que dire de la prestation d’Yves Lecoq qui donne sa voix et celle de Jacques Chirac (si, si !) à un coq gaulois, forcément séducteur et imbu de sa personne. Si l’idée est plaisante pendant quelques secondes, elle finit vite par agacer dès que le volatile ouvre le bec.
Comme quoi, les nobles causes ne suffisent pas à faire un bon film quand elles sont mal exploitées. Et on se prend à rêver du même dessin animé réalisé avec la poésie d’un Michel Ocelot (le papa de Kirikou) ou d’un Sylvain Chomet (L’illusionniste). Mais ça, c’est visiblement une autre histoire…

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