Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

Quel plaisir devant cette Affaire Bojarski qui renoue avec la grande tradition des polars français, bien écrit, impeccablement dialogué et parfaitement mis en scène, loin du cinéma naturaliste en vogue actuellement.
S’emparant d’une étonnante histoire vraie, Jean-Paul Salomé concocte un passionnant thriller autour de ce faux-monnayeur de génie qu’était Bojarski tout en pointant du doigt le racisme au sein de la société française.
Réussissant à trouver le parfait équilibre entre intrigue policière (sera-t-il arrêté ?) et suspense familial (sera-t-il démasqué ?), il soigne sans esbroufe sa reconstitution historique, parfait écrin d’un récit qui s’étale sur une vingtaine d’années. Une longue période dont il rend compte avec « simplicité » grâce à l’habileté de son montage et à des acteurs convaincants. Reda Kateb, surtout, est parfaitement crédible dans ce rôle d’homme ordinaire au parcours extraordinaire.
Ne passez pas à côté de cette affaire finement menée, je vous fiche mon billet que vous en aurez pour votre argent. De la belle ouvrage.