1936, dans les quartiers bourgeois de Tokyo. Sada Abe, ancienne prostituée devenue domestique, aime épier les ébats amoureux de ses maîtres et soulager de temps à autre les vieillards vicieux. Son patron Kichizo, bien que marié, va bientôt manifester son attirance pour elle. Très vite, ils vont basculer dans une escalade érotique qui ne connaîtra plus de bornes.

Si L’empire des sens a marqué les esprits, c’est principalement pour son caractère sulfureux. Il fut l’un des premiers films non pornographique à montrer des scènes de sexe non simulées entre ses acteurs. Pourtant, le film ne dégage rien de vraiment excitant dans sa description d’une passion dévorante (à tendance sadomasochiste) qui enferme, petit à petit, les deux amants sur eux-mêmes et les coupe progressivement des autres, sauf s’ils viennent pimenter leurs ébats.
Plus qu’une réflexion sur la sexualité, ce film (inspiré d’une histoire vraie) peut surtout s’appréhender comme une exploration de la folie amoureuse conjuguée à une critique du machisme de la société nippone qui a rendu l’œuvre subversive dès sa sortie au Japon.

Joliment mis en image à la manière des estampes japonaises, le film d’Oshima n’en reste pas moins ennuyeux et répétitif, sorte de suite érotique pour Kiki-mono et Sa-dada où seule la fameuse scène de l’œuf ne laisse pas mollet.
Pierre angulaire dans l’histoire de la perversion au cinéma (avec Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini et Salon Kitty de Brass, sortis la même année), cet Empire étouffant peine à nous mettre les sens dessus dessous.