A Nice, un promoteur immobilier est abattu devant une résidence de luxe. Deux autres meurtres suivent avec toujours le même mode opératoire sans qu’aucun mobile évident n’apparaisse. L’inspecteur Carella est pourtant convaincu que les trois assassinats sont liés et passe en revue la vie privée des victimes pour trouver ce qui les unit.

Pour son second film, Philippe Labro livre un film impersonnel sous influence américaine mettant en scène un policier taciturne très Melvillien. C’est une sorte d’Inspecteur Harry avant l’heure, le film de Labro étant sorti quelques mois avant celui de Don Siegel.
Transposant sur la Côte d’Azur (sorte de Californie française) un roman d’Ed McBain, le film ne passionne guère et peine à instaurer la moindre tension. Les morts qui se succèdent finissent même par devenir risibles tellement les futurs macchabées en font des tonnes avant de s’écrouler sans aucun naturel. Quant aux survivants (en gros le reste du casting), ils sont en état de sidération et semblent se demander ce qu’ils font là.
Dominique Sanda, au jeu complètement atone, erre en jouant la jeune et jolie potiche de service.
Sacha Distel, pour qui ce n’est pas la belle vie, a l’air de se dire qu’il aurait mieux fait de continuer à chanter.
Jean-Pierre Marielle, en angliche de service, fait une brève apparition en attendant la paie d’un air morne.
Laura Antonelli, quasi muette, joue les belles inutilités.
Et Stéphane Audran, qui semble s’ennuyer ferme, se contente d’offrir sa superbe plastique à la caméra émoustillée d’un Labro content de lui.
Quant à Jean-Louis Trintignant (Trintrin comme l’appelle familièrement le cinéaste), il nous offre une de ses plus mauvaises prestations. Particulièrement inexpressif, son inspecteur Carella passe son temps à s’en laver les mains comme pour nous dire qu’on peut se la carrer là. Sa course effrénée sur le port de Nice – où il semble cracher ses poumons tout en perdant, au passage, son portefeuille – est plus proche du ridicule que de la mémorable scène d’action.
Même Ennio Morricone, visiblement peu inspiré par le projet, compose pour l’occasion une lassante ritournelle qui ne restera pas dans les annales.
Ceux qui aiment Jean-Louis ne prendront pas ce Trintrin.