Le suicide par pendaison d’un prêtre ouvre une porte de l’enfer qui libère des hordes de fantômes revanchards. Une médium et un journaliste font équipe pour la refermer avant la Toussaint.

Frayeurs peut être considéré comme le premier film d’horreur personnel de Lucio Fulci. L’enfer des zombies, tourné l’année précédente, était une œuvre de commande dont le succès orienta la carrière du cinéaste italien vers le macabre et le gore où il se fit une solide réputation. Comme l’indique le titre original (Paura nella città dei morti viventi / Peur dans la ville des morts-vivants), le sujet de Frayeurs est la peur. Pour ce faire, Fulci convoque Lovecraft (l’intrigue se passe à Dunwich, ville imaginaire sortie de l’imagination de l’écrivain américain) et tente de créer une ambiance horrifique en usant et abusant des brouillards nocturnes. Malheureusement, il ne retient aucune leçon des écrits du maître de l’indicible, ni de son compatriote Mario Bava (et de son magnifique Opération peur) qui suggéraient plus qu’ils ne montraient pour nous faire frissonner. Chez Fulci, c’est tout l’inverse. S’il marque les esprits, c’est surtout dans sa propension à tourner des séquences très sanguinolentes (considérées à l’époque comme extrêmes mais qui s’avèrent aujourd’hui bien sages comparées à certains films viandards en vogue) qui firent de lui l’un des promoteurs les plus influents du gore italien. Si la scène où l’héroïne se réveille enterrée vivante marque les esprits par son étrangeté, l’obsession du cinéaste pour la bidoche et les yeux exorbités d’une distribution plus qu’hétéroclite finit rapidement par lasser avant que le film ne sombre définitivement dans le ridicule de ses effets spéciaux datés.
Aujourd’hui, seuls les fans risquent de s’effrayer pour la forme tandis que les autres s’amuseront, pendant quelques minutes, de cette série Z poussive et de la ressemblance de Christopher George avec Arnold Schwarzenneger.