Affiche du film La loi du marché
De stages Pôle emploi inadaptés en formations comportementales plus agressives que réellement constructives, Thierry est presque arrivé en fin de droits et doit à tout prix retrouver un emploi…
Mais le poste d’agent de sécurité qu’il décroche dans un supermarché va vite le faire déchanter.
Caméra sur l’épaule, à la manière d’un documentaire, Stéphane Brizé suit au plus près le parcours de Thierry et dresse un constat très sombre sur les institutions chargées de s’occuper des laissés-pour-compte de la crise et sur le monde du travail. Un monde en proie à un management de plus en plus agressif qui pousse les gens – par peur de perdre leur emploi – à se surveiller les uns les autres et où l’être humain est devenu plus négligeable qu’une machine.
Mais si La loi du marché possède une indéniable authenticité de ton, le réalisateur a tendance à grossir le trait inutilement : Thierry a un adolescent handicapé dont il doit s’occuper et croise beaucoup d’imbéciles, dont une banquière particulièrement gratinée qui tente lui vendre une assurance obsèques pour envisager l’avenir avec sérénité.
Dommage aussi que l’enjeu dramatique arrive si tardivement dans le récit et que le cinéaste se contente finalement d’un simple constat. Avec son nouvel emploi, le personnage principal se trouve, en effet, rapidement confronté à un dilemme moral qui va l’obliger à réfléchir sur ce qu’il est prêt à accepter pour garder son travail. Mais une fois sa décision prise, il est aussitôt abandonné à son sort (tout comme les spectateurs qui restent sur leur faim) par le réalisateur qui évite ainsi de prendre son sujet à bras le corps et d’imaginer les répercussions du choix de Thierry dans sa vie quotidienne.
Sur un sujet proche, le thriller social Jamais de la vie de Pierre Jolivet, sorti il y a quelques mois, était beaucoup plus abouti et le jeu d’Olivier Gourmet plus convaincant que celui de Vincent Lindon.