Affiche du film Salaud, on t'aime
Jacques Kaminsky, un photographe de guerre (la preuve, il a monté un appareil photo sur la crosse d’une carabine !) a un coup de cœur pour un sublime chalet dans les Alpes et pour Nathalie qui le lui fait visiter.
En un clic, il s’installe dans les deux.
Pour lui la vie va commencer !
Mais Jacquot n’est pas libre dans sa tête. Il a oublié de vivre et Printemps, Été, Automne et Hiver (ses 4 filles nées de 4 lits différents) lui manquent.
Pour éviter qu’il ne devienne un photographe abandonné, son médecin (et meilleur pote) les appelle et leur annonce que leur père est très malade.
Aussitôt, les 4 saisons rappliquent…
Et c’est parti pour 40 minutes de bisous, le cinéaste filmant dans le détail l’arrivée de chacune d’elles.
« Printemps, mais qu’est-ce que tu fais là ? » Bises, bises.
Tu connais Nathalie ? Allez, faites-vous la bise ! » Bises, bises.
« Été, mais qu’est-ce que tu fais là ? Vous vous êtes donné le mot ! » Bises, bises.
Tu connais Nathalie ? Allez, faites-vous la bise ! » Bises, bises.
Et ainsi de suite pour les deux autres saisons !
De là à dire que le spectateur est de la bise…
D’autant que ce n’est pas du Vivaldi que nous joue Lelouch pendant plus deux heures mais une insipide musique au kilomètre : le film dure plus de deux heures et il ne se passe quasiment rien.
Salaud, on t’aime, c’est un peu comme assister au film de vacances de vos voisins. A la différence qu’ici, Attention bandits !, vous avez payé votre place…
Point de Belle histoire et encore moins d’Aventure c’est l’aventure
Juste une longue fable à la morale improbable : celle de Jojo l’aigle et d’Ed le renard dont le cinéaste ne perd jamais une occasion de filmer, longuement, les déambulations autour du chalet.
Jean-Philippe Smet a la pépère attitude et annone ses répliques d’un air las entre deux simulacres de photos. Le, soi-disant, photographe professionnel s’ingéniant à prendre ses clichés, en marchant, sans regarder dans l’objectif ou alors au travers des baies vitrées de sa maison. (C’est vrai, pourquoi s’emmerder à ouvrir les fenêtres pour prendre des photos quand la femme de ménage fait si bien les carreaux).
Hasards ou coïncidences ? Face à lui, Claude Moine erre sans but et nous refait le coup de la dernière séance. Tout ça… pour ça ! : Regarder deux vieilles gloires yéyé faire un duo poussif devant un extrait de Rio Bravo.
Hommes, femmes. Le mode d’emploi est le même.
Sandrine Bonnaire a beau avoir Le courage d’aimer un type qui pourrait être son père, elle ne parvient jamais à faire exister un personnage sans consistance.
Irène Jacob et ses trois sœurs de cinéma ne sont guère mieux loties. Quant à la pauvre Valérie Kapriski – ridicule en Cubaine affublée d’un accent censé faire couleur local – Si c’était à refaire, il est certain qu’elle refuserait cet enterrement de carrière en classe éco.
Reste de belles images de montagne accompagnées par la chanson Les eaux de Mars de Georges Moustaki pour couvrir les banalités des différents protagonistes qui passent leur temps à petit-déjeuner, déjeuner et dîner au soleil.
Assoupi par son sujet, le cinéaste met plus d’une heure quarante pour s’apercevoir de la vacuité de son propos qu’il tente alors de combler par une vague intrigue policière. Peine perdue, la résolution de celle-ci ferait passer les enquêtes de l’inspecteur Derrick pour du Conan Doyle.
On ne doute pas qu’il y ait dans cette histoire un petit côté autobiographique qui vous tienne à cœur mais, Monsieur Lelouch, on n’a plus Toute une vie. Alors, tâchez de retrouver l’inspiration de votre Roman de gare. Parce que là, vraiment : Salaud, on peine !

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