Affiche du film Élémentaire mon cher Lock Holmes
Passé totalement inaperçu lors de sa sortie en salle, ce film doit être redécouvert et considéré à sa juste mesure, c’est à dire comme une excellente comédie et un hommage souriant et respectueux au mythe de Sherlock Holmes.
Refusant la facilité de la parodie, le réalisateur Tom Eberhardt préfère jouer avec les codes bien connus des enquêtes du détective Anglais.
Ici, Sherlock Holmes est un imposteur (un acteur raté plus attiré par les jupons et la boisson que par les indices laissés par les criminelles) et c’est Watson qui résout toutes les énigmes.
A partir de ce brillant postulat de départ, le réalisateur reprend à son compte tous les personnages de Conan Doyle (Mme Huson, l’inspecteur Lestrade, Moriarty) et détourne toutes ses inventions : Sherlock Holmes use de sa notoriété pour pincer les fesses des jeunes femmes en détresse et joue avec virtuosité du violon à l’aide… d’un phonographe.
Loin de se satisfaire de ses trouvailles hilarantes et de ses illustres références, le scénario surprend par ses nombreuses qualités d’écriture. L’histoire chemine de gags en gags qu’elle utilise à bon escient pour faire rebondir et avancer l’intrigue. Le méchant, effrayant à souhait, parvient même à faire virer, l’espace d’un instant, la comédie en drame.
On pense alors aux meilleures comédies de Blake Edwards dont on retrouve le tempo comique, la verve satirique, l’enquêteur gaffeur… et le musicien Henry Mancini qui compose pour l’occasion une jolie partition.
Enfin et surtout, le film est une magnifique réussite grâce à l’interprétation de Michael Caine et de Ben Kingsley. A l’aise dans tous les registres, ces deux grands acteurs forment un duo mémorable et pétillant qui ne fut, hélas, jamais reformé comme la fin ouverte pouvait le laisser espérer.