Depuis des années, le commissaire Bonavia tente de coincer Ferdinando Lomunno, un riche promoteur de Palerme et mafieux notoire dont la liste des crimes est aussi longue qu’éloquente. Grâce à son influence et à ses connexions, chaque arrestation de Lumunno se solde par une rapide libération. Écœuré par cet état de fait, Bonavia va employer des moyens à la limite de la légalité pour tenter d’obtenir justice… Des méthodes radicales qui vont attirer l’attention d’un procureur de la République intègre.

« Quelque chose ne va pas ? » demande, avec un demi sourire, un haut magistrat à un de ses collègues qui le soupçonne d’accointance avec la mafia.
Oui, quelque chose n’allait pas dans l’Italie des années 60/70 où la mafia étendait son pouvoir jusque dans la sphère politique et judiciaire. C’est ce que dénonce Damiano Damiani avec un réalisme et une efficacité jamais prise en faute, très loin de la représentation séduisante faite par le cinéma américain de la mafia. Ici, les hommes de la Cosa nostra sont présentés comme des voyous sans scrupule, capables de tuer un enfant si cela peut servir leurs intérêts.
Cinéaste militant, Damiano Damiani a adopté, depuis La mafia fait la loi une forme de cinéma citoyen qui dénonce les dérives de la société italienne. Avec Confession d’un commissaire de police au procureur de la République, il questionne la notion du bien et du mal au sein d’une société rongée par la violence et la compromission. Une société absurde où deux hommes, ayant le même but, finissent par s’affronter parce que leurs visions du monde diffèrent. L’un étant trop idéaliste et l’autre complètement désabusé. Cette description pessimiste et sans concession est un peu la marque de fabrique de Damiano Damiani qui n’hésite pas à conclure son film sur une déconcertante et magnifique fin ouverte.

Pour camper le policier, le cinéaste a la bonne idée de faire appel à Martin Balsam, solide second rôle du cinéma hollywoodien que l’on a pu voir dans Psychose d’Alfred Hitchcock ou Little Big Man d’Arthur Penn. Face à lui, Franco Nero est parfait dans le rôle à contre-emploi du procureur. Leur face-à-face ainsi que la dénonciation contemporaine et sans fard des agissements de la mafia, font de cette Confession d’un commissaire… une œuvre prémonitoire des violences à venir en Sicile et un classique instantané des films sur le crime organisé.