A Londres en 1870, le jeune John Watson fait son entrée dans une nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l’esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes. Très vite, Holmes et le futur docteur Watson se lient d’amitié et sont conduits à mener leur première enquête sur une série de meurtres étranges survenus à la suite d’hallucinations épouvantables…

Surprenante création que le personnage de Sherlock Holmes qui n’en finit pas de stimuler l’imagination des écrivains et des cinéastes. Comme le fera, trois ans plus tard, Thom Eberhardt avec l’excellent Élémentaire mon cher Lock Holmes, Barry Levinson propose une brillante variation autour du célèbre détective et de son acolyte, le docteur Watson. Il faut dire que son scénariste Chris Columbus, futur réalisateur de Maman, j’ai raté l’avion et des deux premiers Harry Potter, a préféré imaginer la rencontre des deux comparses sur les bancs de l’école plutôt qu’à l’âge adulte. Une belle idée qui permet, entre autres, de donner une explication à la pipe et à la fameuse casquette du détective tout en le montrant en train d’apprendre à (mal) jouer du violon ou à (bien) faire ses premières déductions. Une suite de clins d’œil ludiques qui devrait enchanter tous les fans mais dont le scénariste ne se contente pas. Il développe dans le même temps une passionnante intrigue où se mêlent étonnantes hallucinations et secte secrète que le cinéaste associe à une magnifique reconstitution de l’époque Victorienne. Au milieu du brouillard et des ombres inquiétantes tapies dans la nuit, Barry Levinson a aussi la bonne idée de mêler animation à la Ray Harryhausen et technique de pointe : le chevalier en vitrail qui s’anime dans une église est le premier personnage de cinéma entièrement créé en image de synthèse.
Passionnant de bout en bout, ce beau film d’aventure, aussi dépaysant qu’exotique, rend un respectueux hommage aux personnages de Sir Arthur Conan Doyle sans jamais tomber dans le film réservé aux enfants. Le final, plutôt sombre, en est d’ailleurs la preuve qui donne une explication au côté « sans attache » de Holmes.
Dernier conseil, ne manquez pas la scène post-générique qui clôture le film. Loin d’être élémentaire ou gratuite, elle offre l’une des plus belles révélations qui soit. Chapeau, mon cher Levinson.