
L’ascension et la chute de l’Empereur Napoléon Bonaparte des champs de bataille aux désenchantements du lit en bataille de Joséphine.
Voilà une biographie cinématographique de Napoléon qui ne restera pas dans les annales. Ou alors comme une sombre bouse qui risque de faire tâche, à défaut de faire date, dans la filmographie de Sieur Scott.
Sous la plume de David Scarpa, scénariste des oubliables Le dernier château et Le jour où la terre s’arrêta, la révolution française et le Premier Empire sont survolés, façon Wikipédia pour les Nuls, dans un interminable pensum aux enchaînements historiques plus qu’approximatifs, voire douteux.
Des laitues et choux-fleurs, lancés par un peuple affamé (qui ne respecte ni sa reine, ni la nourriture) contre la pauvre Marie-Antoinette avant qu’elle ne soit guillotinée aux brèves saillies d’une Joséphine prises, comme l’Europe, à la hussarde par un Empereur bedonnant et indolent, rien ne nous est épargné des manœuvres du méchant Robespierre aux turpitudes de l’homme au bicorne : grand envahisseur mais petit baiseur.
Si encore c’était drôle, mais même pas… Tout, ici, est filmé avec beaucoup d’afféteries, de ralentis et de bougies par un cinéaste qui s’est visiblement endormi sur sa copie. Un sérieux qui privilégie le décorum aux faits historiques, plus que survolés, dans des ambiances qui rendent autant hommage à Barry Lyndon, qu’au peintre Jacques-Louis David ou aux coupes de cheveux Jean-Louis David. Comment ne pas s’agacer, dès le début du film, devant le galure de traviole du petit corse ou la coupe de cheveux en pétard de l’osée Joséphine ? Les acteurs ont beau trop en faire (Joachim, avec pour seul jeu sa moue boudeuse, n’a rien d’un Phoenix), on ne croit à rien. Et certainement pas à cette idylle entre Napoléon et Joséphine sur lequel le réalisateur choisit de mettre l’accent sans parvenir à nous faire ressentir une quelconque passion.
Quant aux batailles, aussi fouillies que graphiques, elles rappellent qu’elles n’ont jamais été le fort de Ridley Scott, de Gladiator à Kingdom of Heaven.
À ce niveau d’inanité, c’est autant à une ineptie costumée qu’à une Bérézina filmée à laquelle nous sommes conviés.
Oui il y a aussi des coupes franches qui sont nettement perçues et qui sonnent creux parfois, la version longue devrait corriger cela…les scenes de batailles sont qd meme assez bonnes surtout Austerlitz et Waterloo avec Wellington R Everett bon.
Je ne pense pas, hélas, qu’un nouveau montage ou une version longue corrigent les nombreuses inexactitudes qui s’y trouvent déjà. Mais bon… L’espoir fait vivre. 😉
Les infidélités à l’Histoire, franchement, n’ont aucune importance dans ce qui ressemble plus à un désastre de scénario, à un champ de bataille dans le montage. On peut rêver quand même à un meilleur film en version longue mais ça ne changera sans doute pas que Vanessa Kirby ne fait pas une (« osée », j’aurais aimé l’oser aussi celle-ci) Joséphine convaincante, et que l’abus de paraffine finit par noircir la photo.
Effroyable, je ne sais pas. Mais pas terrible, c’est sûr.
Merci pour cette critique, tous ces jeux de mots brillants m’ont bien amusée ! Je comprends que toi aussi tu n’as pas apprécié le film et je ne suis pas surprise : vouloir faire un film sur la vie si riche et complexe de ce personnage est à peu près comme vouloir envahir l’immensité de la Russie en hiver…
Heureusement que Marcorèle est là pour :
– Aller défricher au devant des moins aventuriers, qui pourraient se faire attraper comme des mouches,
– Pour repérer les bouses déguisées en grand films,
– Nous régaler de ses critiques de bouses, qui relèvent le niveau
Baschung au service de Marcorèle pour descendre Napoléon ! On aura tout lu !
Et si l’histoire vous intéresse, allez plutôt regarder sur Arte le très bon documentaire, Napoléon-Metternich : le commencement de la fin …
Je crois que j’attendrai que Ridley Scott soit mort pour consentir à voir ce film. Si jamais il commet un film sur de Gaulle, je n’irai pas non plus le voir.
Mais s’il nous fait des aliens, des duellistes ou autres fictions, tant qu’il veut!
S’il veut s’attaquer à l’Histoire, qu’il commence par Churchill, Nelson ou Wellington. Mais pas touche à nos bonshommes à nous, nommais!
Celui-ci, j’ai été le voir ! Un film en 2023, c’est toujours mieux que rien. 🙂
Beaucoup d’approximations et des pans entiers de l’histoire passés sous silence, mais les scènes de batailles sont saisissantes. Le côté stratégique de Napoléon n’a pas été suffisamment développé, au profit de scènes de sexe sans grand intérêt.
La période égyptienne est bâclée. La bataille d’Austerlitz est magnifique. La campagne de Russie est inachevée (perte de bobine ?). Le réalisateur conclue sur une liste de nombre de morts sans évoquer une seule fois les apports des réformes Napoléoniennes au système démocratique actuel.
Bref, j’ai passé un bon moment de cinéma mais en restant sur ma faim.