
L’accession au trône d’Elizabeth Ière d’Angleterre en 1558 et les premières années de son règne où elle va devoir asseoir son autorité sur une cour divisée entre protestants et catholiques et où les complots vont bon train.
Shekhar Kapur n’a pas lésiné sur les moyens pour redonner vie aux débuts du règne de la célèbre reine protestante. Décors grandioses, costumes fastueux et distribution de premier ordre, de John Gielgud à Geoffrey Rush en passant par Daniel Craig en moine espion, apportent une indéniable plus-value à cette biographie filmée qui, tout en prenant quelques libertés avec la vérité historique, décrit habilement la difficulté d’Elizabeth à s’imposer dans un monde d’homme et comment l’exercice du pouvoir petit à petit la transforme.
Quel regret que le cinéaste affaiblisse son propos par une mise en scène un peu trop appuyée dans ses effets (à la recherche du plus bel effet de lumière ou du plus joli mouvement de caméra) et sans réelle invention. Si ce n’est l’idée saugrenue de faire appel à Vincent Cassel (horripilant et caricatural dans le rôle d’Henri d’Anjou) et Éric Cantona pour interpréter le camp français. Sans parler de la pauvre Fanny Ardant qui, face à ses deux compatriotes, a l’air d’être ailleurs et de s’en laver les mains.
Des défauts vite oubliés devant la composition royale de Cate Blanchett qui, pour son premier grand rôle au cinéma, impressionne autant la pellicule que les esprits. Car si Elizabeth donne à voir la naissance d’une grande reine, il contribue aussi à la naissance d’une grande comédienne. Et c’est à une véritable métamorphose que nous convie l’actrice passant, en moins de deux heures, de l’insouciance de la jeunesse à l’austérité de la femme de pouvoir. Une transformation qui rappelle qu’Elizabeth fut aussi, à sa manière, une actrice. C’est en travestissant ses pensées, ses émois et son physique afin de marquer les esprits qu’elle endossa le rôle de mère de la nation anglaise.
A chaque fois que je tombe sur des extraits de ce film ou sur le DVD, je pense à le regarder un jour car je ne l’ai toujours pas vu. Grâce à ton article, je vais me décider à le voir. Ce film devrait me plaire!
Chacun de nous peut trouver intérêt à voir ce film historique.
La mise en scène nuit forcément au fond, mais il faut bien flatter les spectateurs. Qu’importent alors les arrangements avec l’Histoire qui, de toutes manières, a plusieurs versions selon l’intérêt de celui qui l’écrit. On s’entend d’ailleurs aujourd’hui pour relever une certaine idéalisation du règne d’Elisabeth, dont les décisions étaient notoirement en demie teinte et sans trop d’efficacité sur le plan intérieur ou extérieur. Les circonstances et la longévité fondèrent donc plus la légende du succès du règne d’Elisabeth.
Alors que son père Henri VIII avait fait tout son possible à coups de hache pour laisser un héritier mâle à l’Angleterre, Elisabeth la protestante repose toujours vierge à Westminster au côté de sa demie soeur Marie 1ère d’Ecosse la catholique, décapitée sous son règne pour cause de complot. Cette manière de trancher la tête de ceux qui se mettaient en travers de l’Histoire était décidément courante en Angleterre …
On regrettera les dialogues un peu trop actuels du film ne soient pas de la plume de Shakespeare, sujet contemporain de sa Majesté.
Oui, il faut sans doute voir ce film. Merci à Marcorèle de nous le rappeler.
J’ai beaucoup aimé ce film, surtout pour l’atmosphère glacée qu’il installait autour de cette reine incandescente, jouée par une actrice merveilleuse, que j’ai découvert ici.
Merci pour l’article !
Merci pour ce commentaire ! 😉