1984. Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne et fan de Michel Sardou est propulsé malgré lui à la tête d’une « unité d’élite » : la Police Flash 80. Il doit désormais faire équipe avec Guilaine, maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud, geek du Minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable, que même les années 80 n’étaient pas prêtes.

Souvenirs, souvenirs !* C’est à un déconnant retour aux années 80 que nous convie Jean-Baptiste Saurel. Parodiant, plus ou moins finement, les mœurs et la mode de cette époque, le cinéaste nous mitonne une amusante comédie policière – pleine de Ripoux – qui s’amuse du Merde in France d’alors.
Dieu que c’est beau de revoir des hommes, des vrais, fumer et boire au bureau en discutant de la dépendance des jeunes aux drogues.
Mais ce sont surtout les quatre Morfalous composant la brigade qui sont la principale réussite du film. À leur tête, François Damiens est impayable en Cowboy de service qui, de Rue barbare en hôtel de passe, en fait des tonnes dans le style Retenez-moi… ou je fais un malheur ! Tandis que son duo avec Audrey Lamy, qui n’a rien d’une Jolie poupée avec ses lunettes et son brushing, passe assez finement de Marre de cette nana-là à Vive les femmes !
De là à dire qu’entre les deux acteurs, c’est Besoin de rien, envie de toi… Il faut dire que la comédienne impressionne, elle aussi, avec son jeu mi-coincé, mi-rentre-dedans.
Le reste de La Smala est également à la hauteur. Fort drôle dans le rôle de Roberto, P’tit con de l’infiltration, on peut dire, sans mentir, à Xavier Lacaille : T’as le look coco. Quant à Brahim Bouhlel, spécialiste des innovations d’avenir comme le minitel, il amuse par son désir d’émancipation et son envie de se rebeller pour être enfin capable de dire : Maman à tort.
Alors même si, par moment, le récit Marche à l’ombre en sombrant dans le cliché facile, il faut reconnaître à ce Police Flash 80 – plein de Désir, désir – une volonté de faire rire qui fait souvent mouche. La chose est assez rare pour être notée.
À défaut d’un Week-end à Rome, Débranche tout et prends ton billet pour ces crétines aventures policières entre Tir à vue et Rondes de nuit. Et puisque la fin du film l’évoque : vivement la suite.

* Critique concoctée à partir de titres de films et de chansons sortis en 1984.