
Norbert, vampire de bonne famille aristo-réac, doit trouver une femme de sang pur à mordre et à épouser s’il veut survivre et ne pas être renié par ses parents. Envoyé en bateau au Japon, accompagné de son valet gardien de musée, il fait naufrage sur l’île de Boulet Rouge.
Improbable croisement entre les films de Philippe Clair (pour l’aspect ringard et fauché de l’ensemble) et ceux de Jean-Pierre Mocky (pour la veine satirique et anti religieuse), Vade Retro tente de redonner du sang neuf à une comédie française complètement exsangue. Une honorable tentative d’autant qu’Antonin Peretjatko ne manque pas d’idées cheloues et multiplie les clins d’œil à l’actualité (le covid, les promesses de vie éternelle prodiguées par les nouveaux gourous de la tech) ainsi qu’au cinéma (les références pullulent, du James Bond Vivre et laisser mourir au film L’au-delà de Lucio Fulci).

Mais à trop vouloir se jeter sur différents sujets de société, le cinéaste se prend le pieu dans le tapis et finit par se casser les canines sur son sujet qu’il noie sous un lassant déluge d’hémoglobine aux excès grand-guignolesques. D’autant qu’après une introduction enlevée, le film s’étire interminablement jusqu’à une conclusion vite torchée. Dommage, car les acteurs et actrices sont loin d’être mauvais. Estéban, en particulier, qui bouffe littéralement l’écran de sa présence apathique et de son phrasé traînant. Habitué jusqu’à présent aux seconds rôles, le fils de Philippe Clair (tiens, tiens…) y démontre, une nouvelle fois, son énorme potentiel comique, hélas sous-employé. Il ne sauve pas le film, malheureusement.
Bref, pour la grande comédie de l’année vous êtes priés d’aller mordre ailleurs.