
Lassé de ses trop nombreux succès auprès des femmes, Freddy espère maintenant trouver l’amour de sa vie. En attendant, il ne rencontre que Joseph, un timide introverti, qui lui avoue ne pas savoir parler aux femmes. Freddy s’engage à le faire profiter de son expérience et l’entraîne dans une folle virée nocturne.
Outre son titre qui aura fait rentrer le terme de « dragueur » dans le langage courant, ce premier film de Jean-Pierre Mocky surprend d’emblée par son rythme, ses qualités de mise en scène et sa belle photographie. Le reste est, aujourd’hui, un peu plus problématique puisqu’il semble faire l’apologie de harceleurs de rue en goguettes.
Heureusement, le cinéaste tempère son propos grâce à quelques personnages féminins au caractère bien trempé ainsi que par une forme de romantisme sombre et désabusé qui atteint son acmé lors d’une brève rencontre, à Montmartre, entre Jacques Charrier et Anouk Aimée. Si les petites marottes de Mocky (adepte des acteurs à trognes et des tics langagiers) ne sont pas encore au rendez-vous, c’est quand même à une étrange virée à laquelle on assiste puisque, d’aérogare en cafés, ses deux drôles de paroissiens terminent leur bordée dans une soirée mondaine aux allures d’orgie.
Cette œuvre de jeunesse portée par les mélodies de Maurice Jarre et remplie de jolies femmes, aura eu, en tous cas, le mérite de lancer la carrière de Charles Aznavour, parfait en timide à la recherche de l’âme sœur.