1940. Réfugiés à la campagne dans une grande demeure, le jeune Charles Matton et sa famille sont contraints de cohabiter avec un régiment de la Wehrmacht.

Avec ce long métrage mêlant autobiographie et fiction, Charles Matton (artiste plasticien) nous propose une chronique familiale, pendant l’occupation allemande, qu’il évoque à travers les bribes de ses souvenirs d’enfant. Une période peuplée de bons souvenirs (son amitié avec Karl, étudiant enrôlé dans l’armée allemande) mais aussi de traumatismes (la déportation de ses voisins et amis) qui ont forgé son regard d’artiste sur le monde. Utilisant sa technique des boîtes pour servir de décors à certaines de ses scènes, Charles Matton navigue en permanence entre rêve (ou cauchemar) éveillé et naturalisme.
Tourné en famille et avec les moyens du bord (il faut beaucoup d’imagination pour se croire sur le front russe lors de l’illustration de certaines lettres envoyées par Karl à Charles), le film se traîne paresseusement, servi par une mise en scène sans relief qui peine à faire oublier l’aspect théâtre filmé de l’ensemble. Les jeux inégaux des acteurs n’arrangent rien, ni le fait que Charles Matton ait choisi son fils (Léonard Matton) pour l’incarner enfant. Le jeune garçon, peu expressif, est heureusement entouré de solides acteurs comme Jean-François Balmer, Caroline Silhol et Richard Bohringer dont Matton lança la carrière en 1972 avec L’Italien des Roses.

Le film nous offre, cependant, une description assez juste de ce que pouvait être la vie d’une grande majorité de Français pendant l’occupation : ni résistants, ni partisans de la collaboration et s’accommodant, tant bien que mal, de la situation qui leur était imposée.
Inégal, La lumière des étoiles mortes finit tout de même par emporter l’adhésion et à rendre le destin de ses personnages attachants, assez pour que leur éclat ne s’éteigne pas complètement.