
Mariano De Santis, Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux : deux grâces présidentielles et un projet de loi hautement controversé.
Avec La Grazia, Paolo Sorrentino dresse le portrait, sensible et amusé, d’un homme de pouvoir en fin de fonction. Un portrait en forme de bilan politique, social et existentiel qui analyse et questionne, avec une belle acuité, les doutes et les atermoiements de ce Président de la République moins attentif à sa famille qu’à ses contemporains.
Avec une indéniable maestria, le cinéaste fait se côtoyer le drame et la comédie, les réflexions brillantes et les répliques cinglantes tout en se posant la question du temps en politique. À l’immédiateté des décisions que réclament aujourd’hui les médias et les politiciens de tous bords, il nous oppose un Président qui sait prendre son temps pour être, justement, à l’écoute de son temps. Lâcheté ou courage politique ? Sorrentino nous laisse le soin d’en décider tout en observant, tel un entomologiste, les agissements de ce curieux personnage, amateur de rap, prisonnier volontaire de sa prison dorée.
Dans le rôle principal, Toni Servillo est véritablement remarquable et habite son personnage jusque dans ses nombreux silences. Aussi drôle qu’émouvant, il mérite son prix d’interprétation à la dernière Mostra de Venise. Le reste de la distribution est également parfait, surtout Anna Ferzetti et Milvia Marigliano qui jouent respectivement la fille et l’amie du Président.
Vous l’aurez compris, La Grazia est un film en état de grâce. Le coup de cœur cinématographique de ce début d’année. Un chef-d’œuvre.
Bonsoir,
En effet, un chef d’œuvre digne d’une palme ou d’ un Lion d’Or ! Un acteur fabuleux !
Fred
Absolument d’accord. Merci pour ton avis. Bonne soirée, Fred. 😉