
Antoine Brisebard, un écrivain, est victime de Jo, un mystérieux maître chanteur. Pour s’en débarrasser, Antoine prétexte qu’il est en train d’écrire une pièce policière afin de recueillir des suggestions pour commettre le « crime parfait ». Un soir, le maître chanteur téléphone et le presse de rassembler l’argent. Antoine, pensant avoir trouvé une solution infaillible, lui donne rendez-vous chez lui, le tue et cache le cadavre sous un kiosque de jardin.
Huitième film du tandem Louis de Funès / Jean Girault (ils tourneront douze films ensemble), Jo est incontestablement le plus réussi de tous. Adapté d’une pièce de théâtre à succès (déjà transposée au cinéma en 1959 avec Glenn Ford et Debbie Reynolds dans Un mort récalcitrant), il permet à de Funès de pousser jusqu’à l’absurde son goût pour le burlesque dans un quasi huis-clos où il laisse éclater son art du gag et son goût pour le comique de répétition. Il suffit de voir le nombre de trouvailles qu’il concocte dessus, dessous et autour d’un simple canapé pour s’en persuader.

Parvenant à transcender son sujet plutôt macabre, comment cacher un cadavre à la vue de tous, il pousse chaque situation (et son personnage) vers une sorte de folie qui parvient à faire oublier la mise en scène peu inspirée de Jean Girault. Frénétique dans son jeu, de Funès entraîne dans son sillage sa biche Claude Gensac et fait de l’impeccable Bernard Blier le parfait contrepoint de ses délires comiques. Tout le reste du casting est, bien sûr, au diapason de leurs performances : du fidèle Michel Galabru à Florence (Tutute) Blot.
Sans doute cette accumulation ininterrompue de gags et le jeu constamment furibard de Louis de Funès finissent par épuiser la veine comique du film en créant une sensation de trop plein. Mais il faudrait vraiment être sous la pression d’un maître chanteur (ou ne pas aimer l’acteur) pour ne pas être séduit par la bonne humeur communicative qui se dégage du film ainsi que par l’entraînante musique de Raymond Lefebvre qui offre là une de ses meilleures compositions, bien supérieure à celle faite pour Le gendarme de Saint-Tropez.
Alors, rendez-vous à la gloriette pour cette excellente comédie qui n’a vraiment rien d’un racket.
J’adore ce film ! Tellement drôle ! Chouette chronique
Merci beaucoup pour ton commentaire. 😀
Toujours un régal que de redécouvrir les classiques de De Funès. On parle de l’acteur, de la star mais en oubliant parfois qu’il est à chaque fois entouré d’une troupe de comédiens et comédiennes de haut niveau. Tu évoques d’ailleurs ici quelques-uns d’entre eux. 👍🎬🎥
Oui, il avait l’esprit de troupe. Et s’il faisait souvent appel aux mêmes comédiens, c’est qu’il se sentait plus en confiance avec des gens qu’il connaissait bien.
Tu m’en bouches un coin , je ne pensais pas que tu aimais ce genre de film! Je l’ai toujours trouvé intéressant et drôle. Le duo Blier/de Funes fait mouche comme dans le Grand restaurant.
Toujours surprenant ce Marcorèle 🙂
Ah bon ? Je ne sais pas ce qui a pu te faire penser cela ? Je n’ai jamais caché que j’aimais bien les films de Louis de Funès. 🙂
Je ne m’en souvenais pas…
Bah alors, ma biche ? 😉 😂
Funès est un stradivarius qui a rarement trouvé metteur en scène à sa pointure. De fait, il pouvait prendre les commandes comme c’était sans doute le cas avec Girault (avec qui il co-signera d’ailleurs « l’Avare »). Ce qui fait de Jo, malgré sa mise en scène un peu terne, un meilleur Funès que l’Oscar qu’il tourna pourtant sous la férule de Molinaro.
Sous la férule, je ne suis pas certain. 😉 Je crois que c’est Claude Rich qui racontait qu’arrivant pour son premier jour de tournage, il avait trouvé le metteur en scène déprimé près du plateau. Il lui avait dit que de Funès avait pris en main la mise en scène d’une des séquences du film. 😀
Je savais que ça ne s’était pas très bien passé entre Fufu et Molinaro. Le résultat s’en ressent.
J’adore Louis de Funès, je suis fan absolue de « l’aile ou la cuisse » ou de « la folie des grandeurs », je n’ai pas vu celui-ci, je note. Merci pour ta chronique qui donne envie 😊
Si tu es fan, tu vas adorer. 😉