A Marseille – avec pour toile de fond l’effondrement en 2018 des immeubles de la rue d’Aubagne, non loin de la statue d’Homère – la vie de Rosa, une infirmière qui a consacré sa vie à sa famille et à la politique.
Tous pensent qu’elle est inébranlable d’autant que Rosa est la seule qui pourrait sceller l’union de la gauche à la veille d’une échéance électorale décisive. Elle s’accommode finalement bien de tout ça, jusqu’au jour où elle tombe amoureuse d’Henri, le père de sa future belle-fille.

En dépit de son titre, on n’était pas certain d’être à la fête avec le nouveau Guédiguian. Surtout après le catastrophique Gloria Mundi sur lequel il vaut mieux faire l’Homèrta.
Homère d’alors ! Contre toute attente, Et la fête continue ! est plutôt recommandable. Notamment pour le beau portrait de femme que le cinéaste compose, épaulé par la prestation toujours impeccable d’Ariane Ascaride.

Dommage qu’à force d’utiliser, de film en film, la même troupe d’acteurs, il soit de plus en plus difficile de croire à leurs personnages. Gérard Meylan qui fut l’amant, puis le mari d’Ariane Ascaride devient, cette fois, son frère… en attendant d’incarner son père, son cousin ou sa sœur transsexuelle dans un prochain opus.
Dommage aussi qu’à trop vouloir embrasser, Robert mal étreigne. Plutôt que de se concentrer sur l’histoire d’amour entre Rosa et Richard (Darroussin en mode cocker triste et regard humide), qui est certainement la partie la plus réussie du film, Guédiguian tente de courir plusieurs lièvres à la fois. Une quantité de sujets vite survolés qui donne à l’ensemble une sensation de superficialité : de la détresse des personnes évacuées de la rue d’Aubagne aux atermoiements de la Gauche qui n’arrive pas à s’unir en passant par l’héritage arménien des enfants de Rosa et le lourd secret de polichinelle que porte Alice, sa belle-fille.
Reste l’empathie dont le cinéaste fait preuve pour tous ses personnages (qui se teinte, ici, d’un peu de mélancolie) et quelques beaux plans, comme ce pas de danse entre Rosa et Richard dans un Marseille hors du temps qui semble déserté de ses habitants.