
A Rome, une bande de malfrats ringards se lancent dans un casse trop grand pour eux.
Si Le pigeon est considéré par beaucoup comme le film à l’origine de la comédie à l’italienne ce n’est pas parce qu’il fut le premier de cette veine mais plutôt parce que son succès international marqua les esprits. Il permit de mettre lumière cette forme d’humour, à la fois tendre et terriblement noir, qui venait se moquer des travers et des tabous de la société italienne d’après-guerre. Héritière déconnante du fameux néo-réalisme, la comédie à l’italienne en reprenait certains codes (parler du quotidien des gens de la rue de façon presque documentaire) qu’elle adaptait à sa sauce piquante.
Avec ce film, Mario Monicelli allait poser les grandes bases de ce genre, mettant à l’honneur les gens du peuple – leur sens de la débrouille et leur goût pour la bonne chère – sans jamais en cacher les travers ni les revers. Un genre où le drame et la mort ne sont jamais occultés et en sont même une de ses spécificités.

Ce casse (inspiré par les méthodes dites « scientifiques » du film de Jules Dassin Du rififi chez les hommes que Mario Monicelli et ses scénaristes brocardent allègrement) doit également beaucoup aux acteurs et actrices dont le réalisateur a su s’entourer, qu’ils soient reconnus (Totò, Vittorio Gassman, Renato Salvatori) ou plus ou moins débutants (Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Carla Gravina). Grâce à leur interprétation généreuse et à des dialogues enlevés, Monicelli ne concocta pas qu’un grand film, il offrit l’un de ses fleurons à la comédie à l’italienne.
Ce succès engendrera deux suites opportunistes que ne dirigera pas le cinéaste. L’une avec le casting original mais sans Marcello Mastroianni : Hold up à la Milanaise (1962) et l’autre, Le pigeon vingt ans après (1985), qui réunira quatre des acteurs du premier film : Vittoria Gassman, Marcello Mastroianni, Tiberio Murgia et Gina Rovere.