Une jeune femme hérite d’un hôtel à la Nouvelle-Orléans. Alors qu’elle entreprend des travaux de rénovation, des phénomènes étranges et des morts brutales font de sa vie un véritable enfer.

Considéré par certains comme l’une des œuvres majeures (si ce n’est LE grand film) de Lucio Fulci, c’est peu dire que L’Au-delà a mal vieilli.
Chantre d’un cinéma transalpin gore et malsain depuis le succès de son premier film d’épouvante L’enfer des zombies (1980), Fulci s’est fait une renommée en proposant des films très glauques où l’histoire est souvent moins importante que les scènes d’horreur (choquantes et à la violence plutôt extrême) qu’il élabore. C’est un peu là que le bât blesse aujourd’hui. Les effets spéciaux, innovants pour l’époque, à base de pâte à modeler, de sang et de viscères de cochons ne font plus guère d’effets aujourd’hui et prêteraient même plutôt à sourire, à l’image de ces tarentules en tocs très visibles au milieu de leurs vraies congénères ou de cette tête de chien zombie qui fait vraiment carton-pâte. C’est d’autant plus dommage que la mise en scène de Fulci parvient très souvent à imposer une angoisse sourde et dérangeante, notamment lorsqu’elle se réfère aux œuvres de Lovecraft auquel le cinéaste rend hommage en incluant dans son récit le livre d’Eibon (ouvrage fictif du mythe de Cthulhu). Encore aurait-il fallu que le scénario soit plus développé et les effets horrifiques plus subtils et discrets pour évoquer les horreurs du maître de l’indicible.
Malheureusement, le film est irrémédiablement plombé par des acteurs de seconde zone et par une succession de scènes gores que Lucio Fulci enchaîne comme des perles, allant jusqu’à inclure en fin de film (histoire de plaire à ses fans ?) une infestation de zombies dans les couloirs d’un hôpital désert alors que l’ambiance avait été jusque-là plutôt fantastique.
Macabre mais pas trop, L’Au-delà ne devrait réjouir que les nostalgiques de gore à l’ancienne.