En passe d’être renvoyé de la police de Los Angeles pour ses innombrables bourdes, Frank Drebin cherche à laver son honneur en tentant de démanteler un vaste complot visant à tuer la reine d’Angleterre de passage en ville.

Avec Y a-t-il un flic pour sauver la Reine ? la bande des ZAZ (David et Jerry Zucker et Jim Abrahams qui firent le bonheur de nos zygomatiques pendant les années 80 et au début des années 90 : de Y a-t-il… ? en Y a-t-il… ? en passant par Top Secret !) atteint ici l’apogée de leurs films potaches et parodiques où les gags, souvent absurdes, fusaient a un rythme effréné, sans crainte du mauvais goût.
Pour s’amuser des poncifs du polar à l’ancienne – du flic solitaire lâché par ses supérieurs à la blonde fatale, le tout commenté par l’incontournable voix off – David Zucker (seul aux manettes) reprend le personnage d’une série télé créée en 1982 et quasi inconnue en France : Police Squad.
Pour l’occasion, Leslie Nielsen (ex commandant beau gosse de Planète interdite reconverti dans la comédie depuis le succès de Y a-t-il un pilote dans l’avion ? en 1980) reprend le rôle du lieutenant Frank Drebin avec un aplomb et un sérieux dans l’humour qui en font le digne cousin américain de l’inspecteur Clouseau, campé par Peter Sellers, dans La panthère rose.
Tenu de bout en bout, hormis un final un peu trop long durant un match de base-ball, Y a-t-il un flic pour sauver la Reine ? peut s’enorgueillir d’une succession de gags qui font presque tous mouche, à commencer par une ébouriffante introduction où le lieutenant Drebin se paie tous les dictateurs en poste à l’époque. Malgré son casting un peu lunaire – où se côtoient un ex-lauréat aux Oscars (George Kennedy), l’ex du King (Priscilla Presley) et un ex-joueur de football américain (O.J. Simpson) – la farce fonctionne parfaitement dans un joyeux n’importe quoi parfaitement maîtrisé.
Maître étalon de l’humour pastiche des années 80, Y a-t-il un flic pour sauver la Reine ? aura le droit à deux suites, juste pour le plaisir de la blague.