De 1947 à 1980, The Brutalist nous conte l’histoire d’un architecte juif né en Hongrie, László Toth. Revenu d’un camp de concentration, il émigre avec sa femme, Erzsébet, après la fin de la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis pour connaître son « rêve américain ».

Voici, donc, le film monument – autant que monumental puisqu’il dure plus de 3h30 avec entracte – dont tout le monde parle. Se prenant sans doute pour Stanley Kubrick, Brady Corbet compose un imposant coffrage visuel pour son film fleuve afin de narrer l’ascension et la déchéance de son talentueux architecte.
Dans cette œuvre massive, portée par un Adrien Brody qui ne laisse pas de marbre, le cinéaste combine avec subtilité un granulat de scènes intimistes. Il y évoque la difficulté de se reconstruire après l’horreur des camps, le ciment indéfectible du couple malgré la séparation et construit avec habileté une critique du fameux « rêve américain » et de sa société qui, bien que multiculturelle, ne fait que « tolérer » les étrangers.
Ajoutez, pour les finitions, une intéressante réflexion sur l’asservissement par le pouvoir et l’argent et vous obtenez un édifice de bonne facture, solide sur ses fondations, principalement dans sa première partie.
La seconde partie marque, par contre, un certain affaissement dans le récit, même si l’arrivée de la femme de László, incarnée par l’épatante Felicity Jones, parvient à maintenir l’intérêt général. Les révélations de l’épilogue arrivent un peu comme une faille dans le ciment après une série d’ellipses qui donne l’impression que le cinéaste était pressé d’en finir. Si ces révélations marqueront durablement une partie des spectateurs, nul doute qu’elles feront dire à l’autre : « Laisse béton ! »