Des années 70 aux années 90, l’ascension et la chute de Maurizio Gucci, héritier malgré lui de l’entreprise de mode et de luxe qui porte son nom. Un parcours (ra)tissé et cousu main par sa femme Patrizia Reggiani.

Après un Dernier duel un peu austère, Ridley Scott nous revient la même année (quelle santé !) avec une farce grinçante qui prend pour cible le petit monde feutré du luxe et de la mode. Un monde où l’on aime rien tant que laver son linge sale en famille. Adoptant un style alerte rythmé par les tubes de l’époque, il rhabille pour l’hiver la famille Gucci en orchestrant une sorte de variation chic et pas très glamour autour d’un clan digne des membres du Parrain. Sauf qu’ici, plutôt que de sortir les armes, on flingue d’abord les siens par la cruauté des mots ou par d’habiles retournements de veste.
Sans prendre de gants, le cinéaste croque ses gros bonnets avec un goût certain pour la satire et offre à Jeremy Irons et Al Pacino (que l’on n’avait pas vu aussi bon depuis bien longtemps) de quoi leur tailler des costards sur mesure pour mieux les prendre la main dans le sac. Loin de se serrer la ceinture face à ses prestigieux partenaires, Jared Leto n’hésite pas à en faire des tonnes pour être à leur hauteur. Tandis que Lady Gaga, que l’on ne quitte pas d’une semelle, bouffe littéralement le cachemire sur le dos d’Adam Driver, pourtant parfait dans le rôle du discret et influençable Maurizio. C’est peu dire que Ridley Scott se régale à décrire ce microcosme de la mode où l’habit ne fait pas le moine. Loin de rendre son tablier, il prouve qu’à plus de 80 ans, il a toujours la main et un indéniable savoir faire. Chapeau.