Venu passer les fêtes de Noël avec son épouse qui travaille à Los Angeles, un policier New-yorkais se retrouve piégé dans une tour de verre de plus de trente étages prise d’assaut par un commando armé jusqu’aux dents. Seul, pieds nus et armé d’un simple pistolet, John McClane va tout faire pour sauver sa femme et les employés de sa société qui ont été pris en otage.

Un an après L’arme fatale, Joël Silver, misant à nouveau sur un cocktail de scènes d’action explosives et d’humour, produit le premier opus d’une autre saga policière emblématique de la fin des années 80. Plus que les aventures de Riggs et Murtaugh, Piège de cristal va révolutionner le film d’action à grand spectacle en le mixant avec un autre genre passé de mode : celui du film catastrophe façon Tour infernale.

Remarqué grâce au succès surprise de Predator, John McTiernan montre une nouvelle fois sa redoutable efficacité de metteur en scène qui sait ménager ses effets tout en allant crescendo dans une violence aussi graphique que jouissive. Il parvient sans peine à rendre aussi haletante que distrayante cette chasse à l’homme qui a la bonne idée de se dérouler en lieu clos. Pari audacieux que cette unité de temps et de lieu dont le cinéaste s’accommode à merveille, épaulé par le charisme et à la décontraction de Bruce Willis qui évite au récit de tourner en rond. Auréolé de son succès dans la série Clair de lune, et après deux tentatives plus ou moins réussies chez Blake Edwards, l’acteur trouve enfin, avec John McLane, le rôle de sa vie et un type de personnage qu’il campera désormais dans de nombreux films d’action. Une prestation remarquée et remarquable dont le succès doit beaucoup aussi à sa confrontation avec Alan Rickman, méchant d’anthologie, qui pour l’une de ses premières apparitions au cinéma applique parfaitement le fameux adage d’Hitchcock : « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film ».

Mainte fois copié mais rarement égalé, Piège de cristal n’a pas volé son statut de classique du cinéma d’action.