Affiche du film La bataille de la montagne du tigre
1946, en pleine guerre civile, une unité de l’armée de libération de Chine affronte de redoutables bandits retranchés dans une imprenable forteresse construite au sommet d’une montagne dans le nord-est du pays.
Hypnose générale de la critique française devant ce pensum patriotique chinois qui, via un fait d’arme réel, fait une retape éhontée du communisme face à de méchants déviants ne voulant pas adhérer au régime. Tsui Hark que l’on a connu plus inspiré (de The Blade à Time and Tide) sombre depuis 2010, et le décevant Detective Dee : Le mystère de la flamme fantôme, dans les excès du tout numérique et de la 3D, offrant des décors et des combats de synthèse plus laids que réellement virtuoses. Les personnages, tous plus caricaturaux les uns que les autres, n’arrangent rien, du chef des bandits aux allures de méchant tout droit sorti d’un Tex Avery au jeune sauvageon aux cheveux ébouriffés qui oublie ses grognements et se met à parler convenablement dès que les soldats lui ont fait la coupe réglementaire. On reste également perplexe devant l’utilité des quelques scènes situées de nos jours et que rien ne justifie, si ce n’est une aberrante séquence de propagande durant le générique de fin.
Véritable défaite artistique pour l’ancien cinéaste hongkongais, cette pitoyable Bataille de la montagne du tigre a les griffes bien limées.