Entre fiction, documentaire et caméra cachée, Borat est un ovni imprévisible et irrévérencieux qui ne respecte rien ni personne. Un peu déboussolant au début, le film trouve peu à peu ses marques et sa raison d’être en brossant le portrait d’un « Candide » obsédé (par Pamela Anderson) et scato au pays de l’Amérique « bien pensante » de Bush. Politiques, féministes, vendeur d’armes au pays des sudistes, journalistes, fans de rodéo, fidèles de l’église pentecôtiste, quidam croisé dans la rue ou dans un camping car, tous en prennent pour leur grade. D’un repas mondain où Borat s’incruste et fait tâche… (au propre comme au figuré) à une grotesque poursuite à poil au milieu d’un palace (un carré noir venant « chastement » masquer la virilité des deux belligérants), la charge monte en puissance et trouve son paroxysme dans le chant d’un soi-disant « hymne national » kasakh sur l’air de l’hymne américain. A cet instant, la mine déconfite des virils cow-boys dans les gradins vaut à elle seule le déplacement. Bien sûr, le film ne fait pas dans la dentelle. Mais le naturel avec lequel Sacha Baron Cohen entre dans son personnage et le culot qu’il affiche tout au long de son périple sont tout bonnement ahurissants et finissent par provoquer l’hilarité (accompagné parfois d’une certaine gêne. Preuve qu’il gratte, finalement, là où ça fait mal ?). A ne pas mettre devant tous les yeux (surtout ceux des plus jeunes), Borat ne conviendra pas non plus à ceux que l’humour second degré indispose. Pour les autres, le vent de folie que font souffler ces leçons culturelles sur l’Amérique devrait largement suffire à vous faire passer un bon moment.